Les troubles « DYS »

LES TROUBLES « DYS » A TRAVERS L’ECRITURE

Les troubles « dys » affectent la communication verbale (lecture), écrite (écriture manuelle et orthographe), orale (dysphasie), gestuelle (dyspraxie).

La communication est le fait d’établir une relation, un lien avec autrui ou avec quelque chose ; les troubles « Dys » signifient division, dualité, une confusion des informations symboliques.

Le symbole désigne l’unité, le fait de rassembler ses deux parties, ses deux hémisphères cérébraux. C’est ici qu’entre en ligne de compte l’enseignement unilatéral spécifiquement dédié au cerveau gauche à l’école…

Causes directes et causes potentielles contribuant au développement d’une dysgraphie et à d’autres troubles « DYS » associés.

 

DYSGRAPHIE

L’écriture lente, illisible et malaisée sont les trois facteurs qui déterminent une dysgraphie. L’écriture déficiente représente un symptôme qui entre dans certains dysfonctionnements psycho-affectifs, cognitifs ou moteurs. La dysgraphie peut être, isolée ou associée à d’autres troubles. Parmi les différents types de dysgraphie, nous trouvons :

  • La dysgraphie instrumentale concerne le schéma corporel non intégré ainsi que la latéralité, les notions spatio-temporelles, toniques, la motricité fine, la coordination oculo-manuelle.
  • La dysgraphie réactionnelle se rencontre dans le cas d’un refus scolaire, social, ou aller à l’encontre du modèle attendu par l’école etc.
  • La dysgraphie affective, due à une difficulté de communication avec les parents, les copains…

Cinq sortes d’écritures dysgraphiques ont été répertoriées :

Lente

Arrêts et levées de plume entravent
la continuité de l’écriture ralentie
dans son avancée…

Impulsive

Le tracé projeté à droite et le mouvement traduisent de l’emportement,
freiné cependant par les ruptures de rythme, les saccades et les finales courtes.

Raide

La tension excessive
de cette écriture inhibée et anguleuse
lui confère un aspect raide.

Molle

Ecriture filiforme dont l’étalement
traduit une certaine nonchalance
et passivité…

Maladroite

Tenue de ligne, retouches et soudures,
témoignent d’un manque
d’habileté motrice.

Les « types purs » de dysgraphie n’existent que rarement ;
d’autres composantes viennent les compléter, qui rendent une écriture unique.

DYSLEXIE

La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage du langage parlé et écrit, affectant la discrimination et l’organisation des perceptions visuelles et auditives, dont l’identification des mots, des lettres, des chiffres, en l’absence de déficit visuel, auditif ou intellectuel.

Bien que la dyslexie se définisse par un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, trouble dont on n’a apparemment pas encore percé le mystère, elle fait intervenir plusieurs facteurs interagissant les uns avec les autres.

Signifiant plus qu’une difficulté avec les lettres, cette affection dépeint un fonctionnement global ‘chapeautant’ d’autres formes de troubles DYS qui représentent différentes facettes d’une même situation.  Plusieurs types de dyslexie ont été recensés : phonologique, lexicale, mixte.

Il s’agit de ne pas confondre la vraie dyslexie avec une difficulté d’apprentissage liée à un enseignement encore trop axé sur l’abstrait au détriment du concret, bien qu’une prise de conscience se soit établie à ce niveau.

En effet, la dyslexie peut résulter d’un mode de perception différent qui implique la pensée en images plutôt qu’en mots.  Le type de pensée de l’enfant « dyslexié » s’oriente plus vers une conceptualisation non-verbale qui pense à l’aide d’images mentales, que sur une pensée verbale linéaire et séquentielle qui pense à l’aide de sons et de mots.

Ce mécanisme qui relève du discernement des lettres aide à mieux comprendre les difficultés de reconnaissance symbolique des lettres et des chiffres rencontrées par l’élève dyslexique, qui par la suite, a du mal à les écrire et les orthographier.

On note également la dyslexie réactionnelle qui implique un conflit d’ordre affectif, social ou scolaire.

L’écriture chez l’enfant dyslexique : trouble du langage écrit, la dyslexie engendre automatiquement des perturbations au niveau de l’écriture avec des arrêts fréquents, un contrôle excessif, des hésitations, des ratures et surcharges.

La forme de l’écriture peut être cependant préservée car l’élève dyslexique met toute sa concentration dans l’élaboration du tracé. C’est l’écriture qui va permettre de développer les capacités de lecture en automatisant les liens entre la forme visuelle des lettres et leur correspondance sonore.

 

Garçon, 7 ans

Arrêts et levées de plume entravent
la continuité de l’écriture ralentie
dans son avancée…

Fille, 9 ans

Fille : les difficultés d’ordre phonologique entraînent
une dysorthographie provenant d’une dyslexie
avérée dans le cas de cette fillette. Le graphisme reste bien lisible.

Bel effort de concentration pour cette fillette pour qui la rentrée laborieuse s’observe à travers son graphisme rigidifié, la ponctuation trouant le papier, la marge de gauche à couper au couteau, témoignant d’une discipline de fer que l’élève s’impose pour correspondre à ce qu’on attend d’elle.

DYSORTHOGRAPHIE

La dysorthographie est le plus souvent consécutive à la dyslexie.  Elle se manifeste par la difficulté de considérer la phrase comme un ensemble organisé.  La difficulté aussi d’analyser les sons s’alliant à celle de l’orientation spatio-temporelle entraîne des confusions et des inversions dans la reproduction de phonèmes (sons) et de graphèmes (lettres).

L’écriture chez l’enfant dysorthographique

Confusions dans le découpage grammatical : au  ssi (aussi); au  sidè  (aussi des), des confusions sonores : caou pour cailloux et des fautes d’usage chez un enfant  pour qui l’école est synonyme de défi permanent…

La situation se présente mieux pour ce pré-adolescent, brillant élève qui considère l’orthographe comme un menu détail !

DYSPRAXIE

La dyspraxie est un trouble instrumental qui affecte les processus cognitifs responsables de la planification, de l’exécution et de l’automatisation des mouvements volontaires et coordonnés, impactant l’enfant dans sa vie quotidienne. On dénombre plusieurs sortes de dyspraxies ; toutes ont une incidence sur le parcours scolaire.  La dysgraphie y apparaît souvent au premier plan.

Lautomatisation déficiente de l’écriture entraîne une sollicitation trop soutenue de l’attention au détriment de la concentration, du respect des consignes et de leur application.

Il semble évident que dans le cas de dyspraxie sévère, l’usage du clavier semble une solution de bon sens.
Cependant, il faut veiller à ce que l’enfant utilise tous ses doigts pour taper sur les touches masquées
afin de mémoriser les lettres, d’en acquérir le réflexe ainsi que pour la bonne coordination entre les hémisphères cérébraux.

– L’orthographe n’est pas mieux lotie à cause du manque de clarté des écrits, la transcription des lettres et mots passant d’un plan vertical (tableau) à un plan horizontal (page) et surtout l’effort de concentration fourni par l’élève tout appliqué à la construction de son graphisme.

– Ensuite viennent les notions mathématiques avec bien souvent une dyscalculie visuo-spatiale concernant les opérations à effectuer sur la page (confusion dans l’alignement des nombres) et le passage de la feuille au tableau et vice-versa.  La géométrie qui demande de tracer des lignes, des angles, des diagonales au moyen d’équerres, de rapporteurs, de compas est parfois inaccessible à ces enfants.

– Les troubles du développement moteur se manifestent par la lenteur, la maladresse motrice globale et la difficulté d’exécuter des mouvements coordonnés.  Les conséquences sur les apprentissages scolaires sont donc importantes et concernent une bonne partie des cours dispensés dans les classes primaires.

– On note une très grande différence entre les performances orales et écrites ; l’enfant dyspraxique est souvent bavard, vif, curieux, intelligent, créatif….  Le QI verbal est souvent élevé, il y a un écart important avec le QI de performance ; cette particularité le rapproche des caractéristiques propres à la dyslexie et au haut potentiel.

L’écriture chez l’enfant dyspraxique

L’écriture manuelle n’arrivant pas ou difficilement à s’automatiser, l’élève dyspraxique présente presque toujours une dysgraphie avec désorganisation spatiale. Les lettres sont difficilement identifiables car pas suffisamment mémorisées, le tracé est lent, d’aspect sale ; l’ordonnance de la page n’est pas respectée.

Garçon, 8 ans

Même enfant, 9 ans

L’organisation de l’écriture dont les mots flottent sur la ligne de base, la mise en page et le déroulement du geste graphique ne sont pas bien automatisés, signalant une dysgraphie importante consécutive à son trouble dyspraxique.

Au fil des séances de grapho-pédagogie, la dysgraphie s’est peu à peu atténuée pour adopter une forme à la fois scolaire et personnelle qui se reflète dans son écriture d’une extrême sensibilité.

Idem

Même enfant, 10 ans

Difficulté d’organisation sur la page ; l’enfant a du mal à respecter la limite des cercles tracés au préalable au compas.

Belle évolution : la dysgraphie a fait place à une écriture plus étalée et équilibrée.  Restent pourtant encore ces points trop noircis et les accents « tourmentés », signes d’une angoisse de fond qui persiste.

DYSCALCULIE

La dyscalculie est un trouble de compréhension de la logique mathématique et de la construction des nombres, souvent apparenté à la dyslexie ; il se révèle être un trouble associé à d’autres formes DYS (dyspraxie)plus qu’un trouble isolé.

Ecriture d’une préadolescente de 10 ans dyscalculique

L’alignement des chiffres est bien respecté dans la première opération ; la soustraction obéit à une autre logique…

Comme c’est le cas pour la dyslexie, l’enfant qui présente une dyscalculie cherchera plus ou moins consciemment à bien ordonner ses chiffres. L’écriture témoigne d’une intelligence plus orientée vers le concret que l’abstrait, ce qui ressort dans cet exercice où la fillette se sent plus à l’aise.

DYSPHASIE

La dysphasie s’inscrit dans les dysfonctionnements liés à la communication verbale qui affecte l’acquisition du langage par des paroles indistinctes, un vocabulaire pauvre, une difficulté à trouver ses mots et à la chronologie du récit.

On retrouve également des problèmes émotifs ou relationnels consécutifs à une communication parfois peu aisée et la peine à se faire comprendre.  Cependant, certains de ces enfants et adolescents ont une perception intuitive des autres et disposent d’un ressenti affiné.

L’écriture d’un adolescent dysphasique et HP (haut potentiel).

Adolescent de 12 ans dont le graphisme perturbé, illisible, sale, traduit une pensée rapide que la main n’arrive pas à suivre, ainsi qu’une très forte émotivité et une souffrance affective et relationnelle.

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